la défense
Paris La Défense Art Collection - Naissance d'une collection

Paris La Défense Art Collection
69 œuvres à valoriser

Le contexte

Dès la conception du quartier dans les années 1960, La Défense a vu se côtoyer les artistes, les architectes et les ingénieurs du site.

Les monuments d’architecture, tels que la Grande Arche ou le Cnit, dialoguent avec des œuvres dont certaines sont emblématiques des courants artistiques qui ont traversé le XXe siècle : le surréalisme, l’abstraction, le cinétisme, l’art conceptuel, le nouveau réalisme…

Elles font l’objet de commandes, puis d’acquisitions dans un contexte d’émulation architecturale et culturelle incarnées, entre autres personnalités, par Jean Millier (Président de l’Établissement Public d’Aménagement de La Défense de 1969 à 1977, Président du Centre national et de culture Georges Pompidou de 1977 à 1980), Germain Viatte (conservateur au Musée national d'art moderne de 1975 à 1984) et Michel Moritz (architecte en charge de l’installation des œuvres).

L’Araignée rouge de Calder, les Personnages fantastiques de Miró, les Signaux de Takis, la Fontaine monumentale de Yaacov Agam, Le Pouce de César, les Doubles lignes indéterminées de Bernar Venet, Slat de Richard Serra, After Olympia d’Anthony Caro… Ces œuvres monumentales, à l’échelle du site, sont à la fois pièces structurantes de l’espace public et repères pour les utilisateurs et visiteurs du site.

Defacto, Établissement public en charge de la gestion, de la promotion et de l’animation du quartier d’affaires, développe aujourd’hui le projet Paris La Défense Art Collection pour la mise en valeur des 69 œuvres qui jalonnent, discrètes ou imposantes, l’espace public.
L’objectif est double : d’une part, améliorer la lisibilité, la conservation et la présentation de cet héritage artistique extraordinaire, et d’autre part contribuer à faire revivre cet ensemble qui  constitue un exemple unique de collection d’art en plein air.

Le projet

La mise en valeur de la collection d’œuvres d’art a été confiée à l’équipe Frenak+Jullien, architectes, lauréate du concours lancé par Defacto.
Defacto souhaite mettre en avant ce patrimoine culturel unique et méconnu en lui conférant identité fédératrice, en le rendant plus accessible et visible. Ce projet témoigne de la volonté de Defacto de faire du quartier d’affaires une véritable destination culturelle du Grand Paris.

La collection rassemble des œuvres hétérogènes. Mais elle a une spécificité qui fait toute sa force et son potentiel : elle naît d’une pensée sur l’art dans l’espace public, voire d’art comme espace public. Elle est majoritairement issue de commandes passées à des artistes, autour d’un lieu précis. Elle mêle œuvres et décors, au risque de brouiller les hiérarchies attendues, et résiste aux catégories muséales classiques. Le lien intrinsèque entre les œuvres et l’urbanisme de La Défense constitue ainsi le fondement d’un projet de collection qui repose sur trois axes :

     - Identifier la nature insolite et imbriquée des œuvres : fontaines, bassins, rampes, murs, cheminées, escaliers… Les œuvres de La Défense sont pour beaucoup des éléments de l’urbanisme du site au même titre que ses bâtiments,
     - Révéler l’appartenance de certaines œuvres aux mouvements artistiques majeurs modernes et contemporains du XXe siècle,
     - Renforcer la lisibilité des œuvres dans l’immense espace de La Défense, densifier leur présence en déplaçant des œuvres majeures en son centre : La Défense de Paris de Louis-Ernest Barrias, l’œuvre historique qui donna son nom au quartier et After Olympia d’Anthony Caro, une des plus récentes acquisitions.

Trois grandes interventions font la force de ce projet :

- La création de parcours : le premier sur l’axe, d’autres dans les quartiers adjacents. Ces parcours en « branches » prennent racine sur l’axe principal et s’infiltrent dans les différents quartiers.  Leur départ est signalé à partir de quelques œuvres du parcours majeur, et leur identité se définit à partir du quartier qu’ils parcourent. Une signalétique in situ marque ces parcours et signale les pièces de la collection. Les cartels sont intégrés au sol, placés à proximité de chaque œuvre. Dalles en marbre blanc gravées de noir en trois langues (français, anglais, chinois), ils renseignent sur l’œuvre, sa situation, son auteur, et renvoient aux œuvres les plus proches par un système graphique de flèches.

  - Une mise en valeur nocturne : les œuvres seront mises en lumière selon le concept d’origine voulu par l’artiste ou éclairées pour la première fois. Les typologies de mises en lumière révéleront des œuvres jusqu’alors invisibles la nuit et réinventeront les parcours visibles de jour. 

- La restauration : un plan de restauration et de conservation préventive et curative est élaboré pour améliorer l’approche globale des œuvres et faciliter leur gestion. Defacto a confié ce programme à des restaurateurs diplômés du Patrimoine.

Enfin, la politique culturelle indispensable à la renaissance de cette collection passe par la valorisation du fonds d’archives artistiques, la création de supports, la mise en place d’un site internet dédié et l’étude de nouvelles commandes artistiques.