la défense
19 05 65 03 39 16 07 48 20 22 25 31 32 34 21 37 04 57 00 08 12 44 38 46 43 49 06 09 41 33 47 28 56 59 55 54 53 50 52 27 02 17 13 01 14 24 64 26 18 67 68 61 62 60 63 58 66 45 11 29 30 23 10 42 36 40 51 35 15
33

Bassin

Takis

  • Panayotis Vassilakis, dit Takis (né en 1925), Bassin, acier, eau, lumière, peinture, pierre En tête de la dalle, face à la perspective du pont de Neuilly et à l’Arc de triomphe, se dressent quarante-neuf têtes lumineuses colorées clignotant sur un rythme aléatoire. Ces frêles sentinelles sont l’œuvre du sculpteur d’origine grecque Takis. Passionné par la question de l’énergie, il cherche, depuis les années 1950, à capter grâce à ce qu’il nomme « signaux » une réalité invisible, un mystère cosmique qui nous échappe. Et ses « signaux », s’ils nous semblent inspirés de l’univers des gares et à la poétique industrielle, cherchent surtout à nous signifier par leur message codé ce que nous ne voyons pas. L’idée initiale de ce projet remonte à 1974 lorsque l’EPAD, l’Établissement Public d’Aménagement de la région de La Défense, lança avec le concours du Centre National d’Art Contemporain un « appel à idées » auprès de douze artistes d’avant-garde, témoignant par-là de l’importance que devait avoir l’art contemporain dans la création du nouveau centre d’affaires. Takis, consulté, proposa alors pour ce quartier encore en devenir des « signaux lumineux sur le parterre au débouché de l’esplanade, face à Paris ». Cette proposition deviendra, un peu plus de dix ans plus tard, le Bassin. Commandée par l’EPAD, l’œuvre a été l’occasion d’une phase-test pendant laquelle trois mâts prototypes ont été réalisés et mis à l’épreuve, en situation. Solitaire, l’un d’entre eux se dresse désormais sur une place du vieux Nîmes. L’œuvre se compose aujourd’hui de quarante-neuf mâts d’une hauteur variant entre 3m50 et 9m50, implantés dans un vaste bassin de marbre gris foncé au mouvement d’eau à peine perceptible. Au sommet de ces mâts noirs en forme de vis sans fin, comme alimentées par l’énergie de l’eau qui glisse à leurs pieds, les têtes lumineuses ont toutes une forme et une couleur propre. À la nuit tombée, commandées par des relais automates, leurs lumières clignotent calmement et semblent répondre à l’agitation des phares des voitures et des feux de signalisation sur les avenues en contrebas, que l’artiste qualifiait de « voies de lumières mouvantes ». Takis signe ici sa première intervention publique monumentale à La Défense, à laquelle répondront, quelques années plus tard les Signaux, à l’extrémité ouest du Grand Axe, derrière la Grande Arche.