la défense
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La Défonce

François Morellet

  • François Morellet (né en 1926), La Défonce, acier peint Représentant français de l’art minimaliste et cinétique depuis les années 1960, François Morellet est surtout connu pour ses installations lumineuses de néons. Mais on lui doit aussi depuis les années 1970 de nombreuses « désintégrations architecturales ». À l’échelle du bâtiment ou de la rue, ces interventions de l’artiste jouent avec leur support et leur environnement. Par de légers décalages de dessin, des basculements de l’élément bâti reproduit ou figuré, elles cherchent à déstabiliser, par l’humour et l’imaginaire « l'architecture idéologique si sérieuse », qu’elle soit contemporaine ou classique. Ainsi s’est-il « amusé », en 2010, avec les vitraux de L’Esprit d’escalier, à « chatouiller » les symétries ordonnées de l’escalier Lefuel du Louvre. Les variations sont nombreuses et depuis sa première œuvre de ce type en 1977, Morellet a réalisé plus de cent trente « désintégrations architecturales». Avec La Défonce, il a conçu une sorte de parallélépipède englouti, un ensemble de poutres métalliques en acier peint qui semblent s’enfoncer dans le sol et traverser le toit du Fonds National d’Art Contemporain. Reprenant les arêtes extérieures du volume du bâtiment, Morellet les fait pivoter et par là même fait vaciller les règles inhérentes à l'architecture moderne de l’édifice et des immeubles du quartier tout entier. Déchues, elles disparaissent, comme avalées par le sol. En intitulant son œuvre avec ironie La Défonce, Morellet, qui se qualifiait lui-même de « rigoureux rigolard », se joue du nom comme de la verticalité de La Défense.  La Défonce lui a été commandée en 1991 par le FNAP (alors CNAP ou Centre National d’Art Contemporain). Faisant office de signal sur l’esplanade, elle a été installée lors de l’aménagement des réserves du centre dans les sous-sols de la dalle. Elle s’appuie sur l’émergence apparente du centre, petit bâtiment rectangulaire avec trois façades et un toit entièrement vitrés, conçu par l’agence AUM de Maxime Ketoff et Marie Petit. Ce bâtiment discret ne laisse pas deviner les 4 500 m2 de réserves et les 90 000 œuvres cachées dans la profondeur des entrailles de La Défense.