la défense
19 05 65 03 39 16 07 48 20 22 25 31 32 34 21 37 04 57 00 08 12 44 38 46 43 49 06 09 41 33 47 28 56 59 55 54 53 50 52 27 02 17 13 01 14 24 64 26 18 67 68 61 62 60 63 58 66 45 11 29 30 23 10 42 36 40 51 35 15
47

Le Moretti

Raymond Moretti

  • Raymond Moretti (1931-2005), Le Moretti, plastique renforcé, fibre de verre Ce conduit monumental de plus de 30 mètres de haut sert à l’aération des ouvrages souterrains qui parcourent l’épaisseur structurelle de l’esplanade. Il est recouvert sur toute sa surface de six cent quarante-deux tubes en fibre de verre renforcé, de deux à trente centimètres de diamètre et déclinés en dix-neuf teintes. Commande de l’EPAD, cette intervention artistique est l’œuvre de Raymond Moretti, peintre, illustrateur et sculpteur habitant et travaillant alors à La Défense depuis 1973 et l’installation de son Monstre dans les sous-sols de l’esplanade. Le principe d’habiller d’une intervention artistique le béton brut du fût monumental d’une cheminée de ventilation n’est pas un cas unique à La Défense. En remontant vers l’arche, on trouve ainsi deux œuvres du même ordre de part et d’autre de l’axe, chacune offrant une réponse plastique différente : une mosaïque recouvrant toute la surface du conduit pour les Trois Arbres de Grataloup et la constitution d’une « cascade florale » pour la Cheminée végétalisée de François. Plus en retrait de l’axe, Vive le vent et Mosaïque, de Deverne, et les Cheminées de Philolaos sont d’autres interventions réalisées selon la même logique. Pour Le Moretti, la vitalité graphique, « ce mélange optique fondé sur la théorie des couleurs de Chevreul, les tons chauds et les tons froids » comme dit l’artiste, veut rompre avec la sobriété ambiante. Jouant de la verticalité et de la rigidité des lignes empruntées à l’univers bâti de La Défense, elle projette ses reflets colorés dans les façades vitrées des immeubles de bureaux environnants. L’effet en est accentué la nuit par la mise en lumière de l’œuvre au moyen de puissants projecteurs installés à sa base, la lumière transformant encore la perception de l’œuvre. Exploit technique volontairement spectaculaire pour rester à l’image de La Défense, la mise en œuvre des 22 kilomètres de longs tubes coulés d’un seul tenant sur les 31 mètres du périmètre de la cheminée a été particulièrement complexe. Un gigantesque échafaudage a dû être monté, et les tubes ayant été convoyés par péniche depuis l’usine de fabrication, il a fallu deux cents personnes pour les porter en file indienne du lieu de débarquement en bord de Seine jusqu’au chantier de mise en œuvre. Pour reprendre l’irrégularité du béton de la cheminée, les tubes ont été fixés sur une structure en inox, elle-même ancrée dans le béton.